Pour apprécier notre patrimoine naturel ou architectural, il suffit souvent de prendre son vélo ou ses chaussures de randonnées. C'est bon pour notre environnement et excellent pour notre santé !

Mes circuits culturels, sportifs et écologiques, permettent de s'évader, le temps d'une journée, dans tout le croissant ouest Ile de France, et même un peu plus loin !

Des escapades sont organisées plusieurs fois par mois.

30/08/10

Domaine de Notre Dame

Nous quittons l'église Saint Léger en longeant la maison Révillon et  la ferme Magdeleine, puis nous nous dirigeons vers le château de Piple. Nous en longeons la propriété pour gagner la forêt Notre Dame.

A savoir : la seigneurie de Boissy appartient à l'abbaye de Saint Maur dès 650. En 1124, l'évêque de Paris lui reconnait le pouvoir d'administrer la paroisse et ses terres dont le fief de Piple et sa chapelle bâtie au début du 13ème siècle. La région est hélas dévastée par la guerre de cent ans, puis par les anglais entre 1418 et 1434. L'église Saint Léger est alors reconstruite et agrandie avec des chapelles latérales. En 1599, Nicolas de Harlay, châtelain de Grosbois, acquiert les droits de Boissy. Mais les deux frondes entre 1649 et 1652 dévastent à nouveau le territoire. Les Nyvert se font construire une maison de maîtres dans l'enceinte de la ferme Magdeleine en 1660. Anoblis, Pierre Nivert devient conseiller du roi en 1713. Grosbois devient marquisat en 1734 sous l'égide de Chauvelin, et réunit à Brunoy par le comte de Provence en 1777. Au début du 19ème, Boissy est partagé entre deux familles : les Hottinguer du Piple et les Berthier de Wagram de Grosbois. Ces derniers embellissent l'église Saint Léger en 1866, juste avant que la ville ne soit envahie par les prussiens en 1870 et que les châteaux soient occupés. Peu après, Léon Révillon, conseiller municipal, se fait bâtir une résidence d'été, avec l'argent rapporté pour son activité de pelleteries, activité fondée par son père en 1840. Tandis que les vignes disparaissent, apparait la culture d'orchidées. La demeure des Révillon devient la direction régionale des douanes tandis que, sous la pression urbaine, les terres sont progressivement bâties. Cependant, la commune figure parmi les plus vertes du département. Elle est aussi la capitale mondiale des orchidées depuis 1896.


Nous atteignons rapidement les maisons forestières du chevreuil et des bruyères où nous retrouvons le Gr14. Après avoir parcouru plusieurs kilomètres dans la forêt humide et traversé l'étoile des Huit routes, nous arrivons au château des Marmousets.
A savoir : à la fin du 17ème siècle, le domaine n'est alors qu'une simple maison isolée en forêt briarde, qui appartient au peintre Jean Petitot le jeune. Ce protestant fait carrière en Angleterre où il est nommé peintre du roi Charles II. Il revient mourir dans sa maison en 1702. Le château est édifié entre 1785 et 1810, dans un style antique grecque. Il est ensuite vendu au duc d'Empire Jean Baptiste Nomphère de Champagny, nommé ministre des relations extérieures en 1807. Le château est ensuite remanié en 1828 par le comte et général Hulin. Il fait édifier deux pavillons encadrant l'entrée de la cour d'honneur. Fidèle de Bonaparte qu'il accompagne en Italie, il devient président de la commission militaire chargée, en 1804, de condamner à mort le duc d'Enghien à Vincennes. Racheté par son père en 1875, le château devient propriété de François de Curel, centralien et dramaturge célèbre. Devenu académicien à partir de 1918, ses démêlés avec la municipalité ont défrayé la chronique caudacienne. Aujourd'hui, le château est propriété du conseil général du Val de Marne.
Nous repartons en forêt pour rejoindre le pavillon des friches. Plus loin, nous découvrons le haras de la Bourbonderie puis le château des Agneaux. Nous pénétrons bientôt dans Lésigny et tentons d'apercevoir le donjon de la Bergerie.

A savoir : le château des Agneaux est édifié en 1585 par Guillaume Marchant, correcteur à la chambre des comptes. Remanié et agrandi au 17ème siècle par Laurent de Naberat, conseiller d'Anne d'Autrichee, il passe ensuite entre les mains de plusieurs propriétaires puis échoit en 1659 à Simon Lefèvre d'Ormesson. Dès 1816, il devient propriété des Prévost, puis des Guyot d'Arlincourt. A la fin du 19ème, ces derniers réalisent d'importants travaux de restauration qui lui confèrent son allure actuelle. En 1926, il est vendu à un éditeur américain, Elmer Prather qui le transforme en golf. Quant au château de Lésigny, il est construit en 1540 sur le fief de Louis de Poncher, trésorier de François 1er, pour Charles de Pierrevive, deuxième époux de Mme de Poncher. Son fils fera construire l'église St Yon dans laquelle Louis XIII viendra se recueillir. Le château est vendu au marquis Concini, maréchal de France. Cet opportuniste est appelé près de la reine au décès d'Henry IV. Mais soupsonné d'avoir participé à l'assassinat du roi, il est tué en 1617 sur ordre de Louis XIII. Le château est saisi et donné au duc de Luynes, qui y accueille ensuite le roi pour la chasse et la pêche à la ligne. Agrandi au 19ème, il est totalement refait en 1950. Quant à la ferme de La Bourbonderie, elle est connue pour avoir accueilli des troupes commandées par le connétable de Bourbon. L'élevage occupe longtemps les terres environnantes. D'ailleurs, sous le règne de Louis XI, une grande foire aux bestiaux est instituée chaque année début septembre. Encore très prospère au début du 20ème, elle se maintient jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Parallèlement, Charles Pathé, né à Chevry-Cossigny, fait connaître le cinématographe aux habitants de la région, grâce à son cinéma ambulant présenté à la foire de Lésigny.

Après avoir traversé le village, nous découvrons le château. Mais la forêt nous rappelle à elle et nous fait découvrir d'autres surprises : le château de la Maison blanche, maison de chasse cachée au milieu des arbres et transformée en haras. Quelques coups de pédales et nous voici devant la tour Saint Hubert. Arrivant à Villecresnes, nous refermons notre boucle à Boissy, nous en traversant les derniers bois qui nous en séparent.

Aperçu de cette sortie : Foret Notre Dame

20/08/10

Seine et Oise

Nous quittons la gare de Triel pour rejoindre les berges de la Seine. Sur la rive opposée, se dresse fièrement la cathédrale de Mantes la jolie. Cependant, pour notre escapade, nous lui préférons l'église St Martin.


A savoir : après maintes batailles entre normands et capétiens, la paroisse de Triel est finalement annexée au domaine royal en 1109. La ville, affranchie en 1221 par Philippe Auguste, est rattachée au prévoté dont dépendent également les communes d'Andrésy, Carrières, Denouval, Conflans, Chanteloup, Maurecourt, Vaulx, Verneuil et Vernouillet et ceci, jusqu'en 1900. Une église est élevée sur la colline puis agrandie au 15 et 16ème. Sous l'arche de 1550, passe le chemin du Roy qui débouche sur un gué. Bien plus tard, un pont suspendu est inauguré en 1838. Seul moyen de franchir la Seine, cet accès payant est détruit par les français en 1940 pour freiner l'avancée des allemands. Durant longtemps, l'activité économique tourne autour de l'exploitation de carrières de gypse ou de plâtre (du 18ème à 1950) mais aussi du vignoble (dispersé par le phylloxéra). Dès lors, des écrivains - Guy de Maupassant, Paul Fort, Jeanne Rozerot (maîtresse de Zola), une comédienne - Denise Grey et un explorateur - Marcel Izy Schart, s'établissent dans la ville. La maison Senet illustre le charme des demeures bourgeoises bâties à cette époque. Construite sur un vaste parc pour le maire en 1895, elle est achetée par la commune en 1983 puis aménagée en centre socio-culturel. Sur les berges, la maison Le Castelet illustre également ce type de villas raffinées.

Nous remontons vers les Fontenelles puis bifurquons pour longer la dangereuse forêt de l'Hautil. Depuis ses hauteurs, nous profitons d'une belle vue sur le méandre du grand fleuve. Après quoi, nous contournons Vaux sur Seine pour gagner le parc du château de Beauregard sis près du Fort vache. Nous traversons le bois pour déboucher sur le château de Menucourt posé tout près de son plan d'eau. Nous apprécions également son église St Léger avant de poursuivre notre chemin en direction de Courdimanche.


A savoir : Menucourt est mentionné pour la première fois en 1201 dans un écrit destiné à l'abbaye de Ressons. Le fief appartient alors à Hugues de Breuil, vicomte de Meulan, puis il passe de mains en mains jusqu'au Chassepot de Beaumont, seigneurs de 1656 jusqu'à la révolution. Grâce à l'intervention de la municipalité, la famille peut conserver ses biens jusqu'en 1838. Durant le 19ème, la meulière et le gypse sont exploités dans la forêt de l'Hautil. Parallèlement, tuilerie et industrie perlière occupent les anciens paysans qui peinent à survivre avec la culture de poires vendues aux Halles de Paris. La démographique s'empare des terres à la fin du 20ème avec la ville nouvelle de Cergy Pontoise.

Faisant le tour de son golf, nous rejoignons les marais puis Vauréal et son église Notre Dame de l'assomption. Là, dans une allée couverte, se cache un dolmen. Plus loin, dans les hauts toupes, s'élève un menhir. Tranquillement, nous arrivons à Jouy le Moutier qui s'étire le long de l'Oise. Nous découvrons sa superbe église Notre Dame de la nativité. En continuant vers le sud, nous traversons quelques bosquets et champs sans toujours apercevoir, dans le creux des collines, d'anciennes champignonnières. De là, le Gr de pays nous conduit au château du Fay installé sur le plateau des côtes blanches. La butte de calcaire porte ici bien son nom !


A savoir : à Vauréal, une allée couverte, abritant 65 corps, atteste de la présence humaine au néolithique. Le hameau est érigé en paroisse en 1252 par l'évêque de Paris. L'église du 13ème est brûlée par les anglais en 1432, et reconstruite en 1561. La seigneurie, propriété depuis 1644 d'Antoine Guérapin, conseiller d'état, devient baronnie en 1656. Le fermier général du roi, Monsieur Le Bel, acquiert le domaine et le revend à la princesse de La Roche Sur Yon Conti. En 1786, la marquise de Caumont l'achète avant qu'il ne soit démantelé au cours de la révolution. Au 19ème, un nouveau château est érigé. Il appartient à l'éditeur et amateur d'art Boussod mais aussi à l'industriel Menier. Si jusqu'au 20ème la vigne est reine, elle disparait au profit de la culture fruitière et maraîchère, avant que les terres soient envahies par les constructions. Jouy le Moutier est tout aussi ancien que Vauréal. Le village est attesté au 11ème siècle. Notre Dame de Paris et les moines de St Martin de Pontoise y possèdent des vignes dès le Moyen âge. L'église, commencée durant le 12ème, fait l'objet de six phases de construction jusqu'au 16ème. Le vin produit entre le 17ème et le 18ème est vendu sous le nom de Ginglet aux cabaretiers locaux. Les vignerons se retrouvent souvent à l'auberge du village pour célébrer la St Vincent, patron des vignerons. Mais la concurrence des vins de midi provoque le déclin du vignoble au profit des vergers. Quant au château du Fay, bâti en 1450, il domine la commune d'Andrésy sur un parc de 40ha. Remanié dans un style Louis XIII, il appartient en 1789 à Armand Damilliers de Thésigny. A la révolution, le domaine est acquis par Monsieur de Ste Marie qui transforme le parc à l'anglaise, morcelle et vend les terres. En 1853, c'est Léon Lepic, aide de camp de Napoléon III qui l'acquiert pour le vendre en 1861 à Gustave Roy, président de la chambre de commerce de Paris. Le château reste dans la même famille jusqu'en 1973, pour être transformé en résidence hôtellière de luxe.


En redescendant, nous allons saluer l'église St Roch au coeur de la commune de Chanteloup, qui se résume pendant longtemps à deux seules rues (Abreuvoir et Petit Chanteloup). L'église est construite en 1514 pour l'archevêque de Rouen ; mais il faut attendre 1708 pour la voir coiffée d'ardoise. En empruntant le chemin de Pissefontaine, nous retrouvons Triel.