
A savoir : le village est signalé dès 1100. Dès le 13ème siècle, il se développe grâce à la prospérité de Dourdan, Etampes et Montlhéry. L'église gothique, élevée à cette époque, reste l'un des plus beaux exemplaires en Ile de France. Son portail date de 1300, tout comme les vitraux. Ces derniers, de très belle qualité, illustrent à merveille le talent des peintres sur verre, influencés par les psautiers et leurs miniatures à fond d'or. St Sulpice y ayant ressuscité un enfant noyé, de nombreux pélerins malades et infirmes se mettent à fréquenter l'église dans l'espoir d'un miracle. Les plus pauvres, les femmes, les vieillards et les infirmes sont alors accueillis à l'Hôtel dieu, une maison de charité construite pour eux. Puis s'ensuit alors une succession de conflits qui ravagent à chaque fois le village : guerre de cent ans, guerre civile et guerre de la Fronde. L'église n'échappe pas aux boulets de Turenne en 1652. Incendiée, elle est reconstruite par Mr de Lamoignon qui la couvre d'un berceau en bois. Ses trois niveaux sont soulignés d'une coursière intérieure et extérieure. Le village retrouve enfin sa prospérité à la fin du 17ème, autour de la viticulture. Mais la révolution s'en prend à l'église : ses sculptures sont fortement martelées. La statue de St Sulpice est décapitée, abattue et enfouie sous la deuxième travée. Exhumée en 1812, elle est remise en place en 1936, grâce à son mécène Robert Lanz. Durant le 19ème, St Sulpice lance l'ouverture des carrières de grès de Madagascar, et fait venir une population d'émigrés italiens. Parallèlement, le village accueille de nombreux pèlerins. L'église étant très endommagée, elle fait partie des premiers bâtiments classés rénovés par les Monuments historiques. Peu à peu, le village devient résidentiel.
Après la visite de St Sulpice, nous remontons le long de la vallée Thibaud en direction de Mauchamps. Là, nous apercevons l'église St Jean Baptiste du 13ème siècle. Curieusement, à l'Ecoute s'il pleut, aucun bruit de pluie. Nous traversons ensuite plusieurs pièces agricoles en direction de Chauffour, puis descendons vers Etrechy et son église St Etienne, son kiosque à musique.

A savoir : à la fin du 11ème siècle, le seigneur Anceau fait don de sa terre à l'abbaye de Flers dans le Beauvaisis pour fonder une communauté bénédictine à Etrechy. Rapidement, le monastère devient le prieuré St Etienne. Louis XI prend les terres sous sa protection. Une maladrerie est créée sur la route d'Etampes. Une église est érigée dans le prieuré à la fin du 12ème. Remaniée au 13 et 14ème, elle se distingue des églises environnantes par la présence d'un transept dont la croisée est surmontée d'une tour avec toit en pavillon. Au 15ème, les hospitaliers de l'ordre de Malte construisent une maison forte au Roussay, dont subsiste une porte renaissance. En 1592, Sully devient seigneur de Vaucelas, mais il séjourne rarement. St Vincent de Paul se trouve à Etrechy durant la Fronde et il soigne les blessés du Turenne. Un siècle plus tard, les biens hospitaliers sont réunis à l'Hôtel dieu d'Etampes. Durant la révolutions, plusieurs édifices religieux sont vendus comme biens nationaux. Le village devient un lieu de séjour pour les bourgeois d'Etampes. Le kiosque à musique témoigne de leur goût pour les loisirs. Son architecture donne un aire de fête à la place du village. La vocation résidentielle se confirme avec l'arrivée du chemin de fer en 1850.
Après le pont royal, nous affrontons la butte St Martin. Elle est raide ! Passés Le Coudray, nous remontons vers la vallée Barbot et Le touchet, grosse ferme du 13ème siècle. Celle -ci aurait appartenu aux templiers de Chauffour les Etréchy. Nous y retrouvons le sentier de pays qui nous fait longer la criée jusqu'à la ferme de la Ronce, établie à l'entrée de Saudreville. Puis nous gagnons le Paradis, où, alangui au bord de la Renarde, s'élève l'église St Aubin et le château de Villeconin.

A savoir : Villeconin est constitué des hameaux de Bois-Fourgon, Fourchainville, Le Fresne, Montflix, Saudreville et Villeneuve les fourches. Jusqu'à l'ancien régime, l'histoire de ces lieux, où règnent quatre seigneurs, est assez méconnue. L'église est élevée au 12ème siècle. Plusieurs fois remaniée, elle regroupe styles roman, flamboyant et renaissance. Les alluvions apportés par les orages ont surélevé la place, ce qui explique les marches pour descendre dans l'église. A l'intérieur, le mobilier témoigne de la richesse de la paroisse. Le château de Villeconin date du 14ème. Propriété de Jean de Montagu, surintendant des finances de Charles VI, il est vendu au 17ème à la famille Cochefilet, beaux parents de Sully. Le domaine est transformé en ferme après la révolution. Au 18ème siècle, Villeconin compte 177 maisons, une église, un presbytère, trois pressoirs, une tuilerie et un four à chaux, regroupant ainsi 620 habitants. Pourtant, le plus propriétaire agricole est le marquis de Talaru, propriétaire du château de Chamarande. Toutes les terres sont occupées par des champs et des vignobles jusqu'à ce que le phylloxera ne ravage les vignes en 1861. En 1932, le château de Villeconin retrouve sa fonction originelle en devenant la propriété du comte de Jouvencel.
Sur le flanc opposé de la vallée, se dresse les vestiges de la tour de la Grange, élevée au13ème siècle. Nous nous en approchons après avoir fourni un long effort. Attirés par le Pain perdu, nous nous dirigeons vers le manoir de Blancheface où nous nous accordons une pause gourmande.

A savoir : le manoir de Blanchefouasse, construit en 1326, est acheté par l'Hôtel-Dieu de Paris en 1663. En 1789, il est devenu une grande ferme comprenant corps de bâtiment, deux chambres basses avec fournil, plusieurs chambres hautes à cheminée et grenier dessus, et grande salle à cheminée. L'ensemble est complété de granges, écuries, vacherie, bergeries, pressoir à vin et foulerie, toits à porcs, poulailler et colombier. De nombreux bâtiments ont depuis été détruits. Le logis doit sans doute son appellation actuelle de Prieuré à l'ancien cloitre élevé à l'emplacement de la mare.
Nous repartons revigorés avant d'emprunter, dans le bois clair, la descente vertigineuse qui mène à Sermaise. Là, nous en profitons pour admirer l'église Ste Anne.

A savoir : à l'origine, le village se développe sur les pentes de la rive droite de l'Orge, mais les terres marécageuses incitent la population à créer des hameaux sur le plateau. Ces derniers deviennent le siège des fiefs de Villeneuve, Mondétour, La grange, Blancheface, Le Mesnil... Vingt-huit mares privées ou publiques approvisionnent les habitants en eau. En effet, les puits sont rares en raison des profondeurs à creuser (70m). A la fin du 15ème siècle, le village connait une période prospère et l'église originelle est agrandie. De cette époque subsistent le clocher en bâtière et le porche ouest en plein cintre, les deux premières travées de la nef datant des 13 et 14ème. Le village est détenu par la famille de Crosne et d'Emery. Le marquisat de Baville rétrocède à l'Hôtel dieu de Paris les fiefs acquis sur Sermaise, sauf celui de la Rachée. Au 18ème, Sermaise agrandit son église. Le village compte alors cinq moulins et de nombreux vignobles. Emportés au 19ème par le phylloxera, ils sont remplacés par la culture maraichère, puis céréalière. Des usines s'installent dans les anciens moulins, notamment la Rachée et la Mercerie. Mais le développement économique est freiné par l'absence de gare. Le village devient donc résidentiel et le reste après l'arrivée du chemin de fer.
Après avoir traversé l'Orge, il nous font gravir de nouveaux reliefs, ceux du bois de la bretonnière. Nous reprenons notre souffle un peu plus loin, dans le bois du Marais, sous la fraîcheur du feuillage des châtaigniers. Sans rejoindre la Rémarde, nous continuons sur la route en direction du château de Baville, auquel nous accordons un regard admiratif.

A savoir : en 1625, Chrétien de Lamoignon entreprend de se faire édifier un château sur l'ancien manoir seigneurial de Baville. La construction de style Louis XIII comprend un corps de logis de deux étages, flanqué de deux ailes latérales terminées par un pavillon en saillie, formant la cour d'honneur. Boileau, Racine, Mme de Sévigné, Regnard, Fléchier, fréquentent le château. Mr Lamoignon fait aménager son parc avec grottes, statues et pavillon de plaisance. Son fils, François, fait construire en 1677 deux ailes en retour sur le château. Le petit fils, Chrétien François, fait construire les communs en 1769, en avant du château. L'ensemble forme alors une demeure majestueuse, digne d'une grande famille. Mais début mai 1789, il met fin à ses jours dans l'une des grottes du parc. Le domaine est acheté en 1791 par Mme Roslin d'Ivry, puis revendu à la famille de Saulty, toujours propriétaire. En détruisant l'aile gauche du château, ces derniers ont fait construire une orangerie.
Nous passons la Maison neuve et la ferme de la Folleville. A l'entrée de Breuillet, le pavé n'est pas disjoint et nous pouvons nous laisser glisser sans risque vers le creux de la vallée. Là, nous distinguons bientôt Breux et sa chapelle. Arrivés aux Cosnardières, nous filons vers le sud pour rejoindre Feugères par la route. Dommage qu'il soit si difficile d'apercevoir le château Segrez depuis la départementale qui nous ramène vers St Sulpice.

A savoir : en 1733, le fermier général André Haudry de Soucy achète le fied de Segrez. Il fait ériger un château à la place d'un précédent pavillon. Il le loue au marquis d'Argenson dès le printemps 1748. Sa fille, Mme de Montullé, en hérite et en 1772, son mari loue le château au comte de Blot. L'épouse de ce dernier émigre en 1792 et profite de l'absence de Mr de Montullé pour emporter tous les meubles. Seul propriétaire en 1802, Mr de Montullé le vend en 1808 au marquis de la Garde. En 1856, Alphonse Martin Lavallée acquiert Segrez. Son fils, Alphonse Pierre, y commence ses premières collections botaniques. Après deux ans, c'est environ 3000 espèces qui y sont cultivées. En 1860, débutent les écoles des arbres, disposés en ligne et non en massifs. Président de la société d'horticulture, les fils Lavallée décède en 1884 et lègue, notamment à la famille Vilmorin, plus de 6500 espèces végétales, faisant de sa collection le plus riche arboretum de ligneux du monde. Une grande partie des arbres a depuis été transférée à Nogent Vernisson (Loiret). Au bout du parc, au hameau de Feugère, s'élève un pavillon de chasse à ouvertures ogivales. Cette construction évoque le projet d'Hubert Robert pour le moulin de Méréville et la loge d'entrée du château de Bandeville.
Aperçu de cette sortie : Trois rivières
2 commentaires:
Merci encore Nathalie pour cette ballade trés réussie et trés riche avec son parcours parsemés de chateaux , d' églises , de fermes, etc..
A une prochaine fois
Alain
Bonne balade pour une reprise, merci Nathalie de nous avoir montré encore une fois les trésors cachés de notre chère ile de France tant décriée et pourtant si belle quand on fait l'effort de sortir des sentiers battus.
A bientôt pour une nouvelle aventure
Laurent
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