Pour apprécier notre patrimoine naturel ou architectural, il suffit souvent de prendre son vélo ou ses chaussures de randonnées. C'est bon pour notre environnement et excellent pour notre santé !

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01/06/10

Vergers de Seine

Au départ de la gare, nous traversons le vieux Poissy pour rejoindre les grands champs sur les hauteurs de la ville. Nous découvrons la collégiale mais aussi l'ancienne porterie.

A savoir : Poissy bénéficie d'un positionnement idéal entre fleuve et ville royale. Dès la canonisation de son grand père Saint Louis en 1297, Philippe le Bel fait ériger un monastère à l'emplacement de l'église fondée par Robert le Pieux. Il fait aussi construire une maladrerie au sud ouest de la ville. Après les lépreux, le lieu accueille malades et vieillards. Confié aux dominicaines, le chantier de la collégiale, suivi par l'architecte Guillaume de Sens, dure jusqu'en 1330 et les murs de clôture sont bâtis après la guerre de cent ans. Le choeur est refait au 14ème siècle, et les chapelles latérales ajoutées au 15ème. Si les premières religieuses sont d'origine noble, les suivantes (capucins, ursulines) sont d'origine diverse. Aussi à cette époque, les chanoines doivent-ils se loger à leur dépens. En 1695, la maladrerie est rattachée à l'hôtel Dieu. Chassés durant la révolution, les religieux voient les bâtiments progressivement vendus comme biens nationaux, puis démolis. Après la signature du concordat de 1801, les curés sont rémunérés et logés par la ville jusqu'en 1905. La collégiale, fortement dégradée, est restaurée par Auguste Goy en 1824 puis par Viollet le Duc en 1844, tandis que la maladrerie est abandonnée. Le presbytère sert de gendarmerie avant d'être rendu à la paroisse. Parallèlement, jusqu'en 1867, les terres de la commune servent principalement de pacage pour les bestiaux en attente de foire pour le marché parisien. Au 19ème siècle, Poissy devient une cité industrielle de par sa proximité avec le Havre via la Seine. Au nord de la ville s'installent des entreprises d'agroalimentaire, de mécanique, puis des usines automobiles avec leurs sous-traitants. La porterie résiste aux bouleversements de la ville pour être transformée en musée du jouet dès 1976. Une grange, servant à recevoir les récoltes de l'abbaye, est acquise au 20ème siècle par les familles Courant et Gros, pour la ferme du Clos. Bombardée durant la seconde guerre mondiale, ce qu'il en reste est utilisé par la ville pour des expositions.

Sur le plateau, la maladrerie nourrit aujourd'hui de rares vergers, malheureux survivants de la mondialisation. Les fruits étant verts, nous rejoignons Béthemont, sa chapelle vicariale et son golf. Plus loin, après avoir dépassé le lavoir de l'Orme Gauthier, nous filons vers le sud en bordure du château de la Brunetterie, tristement abandonné. La Rue de la Garenne nous conduit ensuite vers le bois d'Abbécourt, où, après avoir dépassé le moulin des Bouillons, nous goûtons un instant la fraîcheur du plan d'eau.

A savoir : la reine Brunehaut serait à l'origine de la route perpendiculaire aux voies romaines ouvrant sur le village. La première église est rebâtie en 1184 par Gasce V qui fonde l'abbaye d'Abbecourt. Le site est confié à 12 religieux Prémontés qui organisent rapidement leur activité autour des fermes du Poult et des bergeries, ainsi que du moulin des Bouillons. En effet, traversée par plusieurs rus, la ville est alors constituée de 17 hameaux, dont l'Orne Gauthier, la chapelle, les Bouillons... L'église St Pierre est consacrée en 1191 et résiste au temps tandis que l'abbaye, pillée plusieurs fois durant la guerre de cent ans, est totalement détruite au 19ème siècle. Le château est commandé en 1881 par Mme Sainton, dernière descendante d'un compagnon du roi Jacques II Stuart. Il s'agit d'un bâtiment agricole aménagé pour recevoir 15 pièces à parquet de chêne et plafond mouluré, sur un parc de 5ha. Rapidement abandonné, le domaine est acquis par la commune en 1991. Aujourd'hui, située entre nationale 13 et autoroute de Normandie, la ville est à la croisée de l'économie moderne et du monde rural.

Nous frôlons bientôt les bergeries puis gagnons le hameau des Flambertins et sa forêt domaniale. En haut de la colline, nous restons sur la crête et découvrons le château de Boulémont près de la forme au veau, puis nous atteignons l'église St Clair à Herbeville.

A savoir : le village est mentionné en 1168 par l'abbaye de St Germain des Prés. Il connait ensuite la domination des barons de Maule et des seigneurs de Bazemont, pour échoir en 1531 à la famille d'O. L'église St Clair, réputée pour guérir les yeux, est érigée au 17ème siècle. Son chevet abrite une abside construite en cul de four, assez rare dans la région. Quant au château de Boulémont, il est construit à la même époque sur un ancien fief d'Herbeville. En 1819, il devient la propriété du baron de Lanusse, lieutenant général de Louis Philippe.

En bas de la butte, nous bifurquons à gauche pour remonter vers les grandes pièces. Parvenus sur les hauteurs de Bazemont, nous nous accordons un peu de repos devant l'église St Illiers et le château d'O, avant de suivre une Sainte Colombe.

A savoir : au 10ème siècle, le site de Bazemont est tenu par des moines du prieuré de Maule. Ils défrichent la forêt des Alluets et s'établissent à Ste Colombe. L'église St Illiers, mentionnée au 12ème, subit plusieurs transformations au cours des siècles. A la fin du 16ème, la famille d'O achète les seigneuries de Ste Colombe et de Bazemont. Elle se fait construire le château et vit de ses terres qu'elle conserve 270 ans. Des carrières de pierres sont peu à peu transformées en champignonnières, tandis que le village continue de se développer autour de la production maraichère, fruitière et céréalière. Bien que Bazemont ne dispose d'aucun commerce, il se voit doté en 1804 d'un théâtre par son maire. En 1893, la commune achète le château et y installe ses services administratifs et ses écoles.

Après quelques reliefs, nous approchons Flins, avant de traverser Bouafle et la vallée de la ferme du Rouloir. Après le grand moulin, nous traversons les terres de la Chamoiserie et atteignons la ferme de Bécheville. De là, nous rejoignons le moulin et le colombier de la comtesse. Puis nous contournons la vigne blanche par l'ouest, et arrivons devant la maison Michelet.

A savoir : au moyen âge, le village est un fief du comté de Meulan. La comtesse Agnès de Montfort le dote d'une église et d'une maladrerie au 12ème siècle. Cette dernière se compose d'un hôpital, d'un hôtel et d'un cimetière. Endommagée par la guerre de cent ans, le site est délaissé au profit de l'hôtel Dieu de Meulan, tandis que les communs sont loués aux paysans. Au 17ème, un château est construit à Bécheville. Le dernier seigneur y abandonne ses privilèges en 1789. Parallèlement, dévolue depuis toujours aux vignerons, la commune évolue avec l'arrivée du chemin de fer en 1843. De nouveaux touristes affluent pour passer leur dimanche au bord de l'eau et de jolies résidences secondaires apparaissent. En 1876, l'architecte Jules Saulnier (chocolaterie Menier) construit un castel de brique et de pierre au bord de la Seine, pour le compte d'Henri Michelet. Le parc du domaine est par la suite morcelé en lots, tandis que la propriété est acquise par la commune. Les vestiges de la maladrerie sont vendus aux enchères en 1926. Seul le colombier survit. Plus tard, avec l'installation de l'usine Renault à Flins, la ville se transforme encore en construisant des logements sociaux dans les champs.

Après une courte pause, nous traversons la Seine et découvrons le vieux fort de Meulan. Découragés par la colline, nous roulons au pied du Paradis pour rejoindre le bois des Sarrasins. De là, nous suivons le fleuve jusqu'au château de Vaux, puis l'église St Pierre, les champignonnières.

A savoir : après avoir servi de comptoir commercial gaulois, l'île est transformée en fort par le comte Robert durant le 12ème siècle, tandis que le village s'est développé sur la colline du Paradis, à l'abri des inondations. Le pont aux perches relie le fort au bourg sur la rive droite. Le fort est renforcé de fortifications durant le 14ème sur ordre de Duguesclin, puis par Henri IV au 16ème. Par ailleurs, après avoir appartenu à l'abbaye de Jumièges au 3ème siècle, Vaux est la propriété des comtes de Meulan avant de revenir à Olivier Le Daim, conseiller de Louis XI. Il se fait construire un manoir avec plusieurs tours en poivrière. L'édifice est restauré par la famille de Vion qui fait également rebâtir l'église détruite durant la guerre de cent ans. Jusque là vignerons, les villageois deviennent carriers dès le 16ème avec l'exploitation du gypse abondant dans la forêt de l'Hautil. En 1819, le château revient à Vincent Marochetti, avocat de la duchesse de Toscane. Son fils Charles devient sculpteur officile du roi Louis Philippe (Arc de Triomphe). Il convie chez lui de nombreux artistes, dont Sully Prudhomme.

Il nous faut accomplir ensuite un gros effort pour monter dans le bois de l'Hautil, en prenant garde de ne pas nous écarter du chemin, sous peine d'effondrement. Plus loin, le château de la Tour nous observe depuis son observatoire. Nous filons ensuite vers le château de la Barbannerie, puis le château du Fay avant de prendre la direction de Maurecourt. En traversant le village, nous découvrons l'église de la nativité et la maison du Roy avant de retrouver l'Oise.

A savoir : le château de la tour, construit en 1900, est acheté par la commune en 1955. En 1973, elle y fait aménager un observatoire astronomique. Dans le parc, une exposition permanente utilisant le principe de la lumière noire présente un ciel boréal en 30 dioramas. Quant au château de la Barbannerie, il appartient aux Roy, déjà propriétaire du château de Fay. Le fils Ferdinand le fait construire en 1914 et les travaux, suspendus durant la guerre, reprennent en 1919. Mais le service des carrières lui intente un procès pour arrêter la construction. L'affaire s'éternise en cassation, mais Ferdinand Roy obtient gain de cause et fait achever l'édifice en 1922. A côté, le château du Fay affiche un style Louis XIII, mais sa construction date du milieu du 15ème. En 1789, il appartient à Armand Damilliers de Thésigny qui le vend à Mr de Ste Marie qui aménage le parc à l'anglaise. Il cède la propriété en 1853 au comte Léon Lepic, fils du général napoléonien. Mais Gustave Roy, président de la chambre de commerce de Paris le rachète en 1861. Sa famille le conserve jusqu'en 1973. A Maurecourt, l'église de la nativité, bâtie en 1531, sert de succursale à l'église d'Andrésy. Bénie en 1563, son clocher est remplacé en 1853 puis une tourelle est ajoutée en 1866, tandis que le porche est démoli et la sacristie agrandie. A l'intérieur : boiseries du 17ème, bronze du 18ème. Rue du Général de Gaulle, la commune décide en 1824 d'installer l'école dans la maison du général Lepic. Rapidement trop petite, la commune la fait déplacer sur les terrains contigus à l'église en 1914. L'établissement n'est inauguré qu'en 1924. Au sud, le viaduc du chemin de fer, haut de 15m, date de 1889. A la limite d'Andrésy, la maison du Roy est bâtie au 17ème par un notaire parisien, Denis de Romigny. Au 20ème, elle appartient aux Dauchy-Desvignes, qui lui ajoutent une aile en retour. Les héritiers font lotir son parc en 1962. La propriété est rebaptisée du fait de sa proximité avec la porte du Roy, frontière des chasses royales détruite durant la révolution.

Après avoir suivi l'Oise jusqu'à la Seine, nous visitons Andresy : église St Germain, manoirs, écluses.

A savoir : César a donné son essor à la cité en y installant ses troupes pour surveiller les vallées de Seine et Oise. Après son départ, les habitants s'en remettent à la protection de l'évêque de Lutèce. En 500, Clovis donne les terres d'Andrésy au clergé de Paris. L'église St Germain est bâtie dès le 13ème siècle. Son élévation comprend un triforium de colonnes surmontées de chapiteaux, supportant des faisceaux de colonnettes. François Ier la fait compléter d'une chapelle. Henri IV, Louis XIII et Louis XIV séjournent régulièrement dans la ville. Bonaparte aime également y chasser avec le général Lepic, qui se retire dans son manoir au bord de la Seine. Au 20ème siècle, l'aménagement de la Seine donne lieu à la construction d'écluses et de barrages à aiguilles et fermettes, technique inventée par l'ingénieur Poiré. Les aiguilles sont des madriers accolés surmontés d'une passerelle. Leur manoeuvre dangereuse est exécutée manuellement.

Nous suivons le cours de l'eau jusqu'à l'écluse de Carrières qui ouvre sur l'île St Louis et l'usine Renault. Fuyant la zone industrielle, nous remontons vers le vieux bourg pour y voir maisons bourgeoises et église St Joseph. Après quoi, nous retraversons la Seine afin de retrouver notre point de départ.

A savoir : Carrières est d'abord un village lacustre (sur pilotis). Thibaut de Marly y fonde le prieuré St Blaise en 1162, mais les habitants continuent de parcourir 5km pour se rendre à l'office dominical de Triel. En 1659, une chapelle est enfin construite. Parallèlement, de nombreuses propriétés voient le jour dans le village. En 1525, Simon le Danois, notaire, se fait bâtir une importante propriété, qu'il cède à son gendre Adam Brisset, grenetier au grenier à sel de Poissy. En 1630, Roland Coudray, riche bourgeois, se fait construire le château de Champfleury. Ses descendants le vendent et le château connait plusieurs propriétaires : Louise Cuvier de la Bussière, la marquise de Ponts Chavigny, la veuve du comte de Boisgelin, au duc de Bojano, au comte de Ronceray. En 1671, la propriété de Brisset est divisée entre les héritiers. Marie Brisset récupère la majeure partie des bâtiments, dont la maison bourgeoise. La jugeant inconfortable, elle fait construire le manoir de Denouval de l'autre côté de la route et relie les deux parcelles par un souterrain. Ses héritiers se font saisir et leurs biens sont acquis pas la banque Millon Delafosse. En faillite, celle-ci revend en 1783 à Pierre Castillon. Son gendre revend ensuite à Nicolas Vilmant en 1816. Modifiée durant le 20ème, ne subsiste qu'une aile et un escalier de style Louis XIV, occupée par le curé depuis la démolition du presbytère. La maison du Guet constitue l'autre partie de la propriété Brisset. Les bâtiments connaissent ensuite plusieurs propriétaires : Charles Louis Meslé en 1831 et Edmond Tissier en 1876. En 1923, le château de Champfleury est utilisé pour l'instruction de jeunes filles dont le père est mort à la guerre. En 1933, les franciscains s'y installent et assurent les services paroissiaux avant que la propriété ne soit morcelée. En 1955, la commune l'acquiert et y crée un foyer de jeunes travailleurs, avant de le céder au ministère de la santé et des affaires sociales. Durant des siècles, le village vit de l'agriculture et de l'exploitation de carrières de moellons. Désaffectées, ces dernières servent d'abri durant les deux guerres mondiales et de champignonnières. Avec l'épandage, la culture maraichère prend de l'ampleur afin d'approvisionner les halles de Paris et de St Germain, mais s'efface depuis un demi siècle au profit de l'exploitation des sablières. Le quartier des Grésillons se dédient à l'élevage de chevaux de course grâce à Edmond Blanc en 1885, puis William Van Der Bilt en 1906 et Macomber en 1919.

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