Nous prenons notre départ au pied de l'octroi de Poissy. Sillonnant les vieux quartiers, nous découvrons plusieurs beautés architecturales : collégiale, porterie d'abbaye, vieille halle... mais aussi le très joli parc Meissonnier.

A savoir : Poissy bénéficie depuis toujours d'une situation privilégiée entre la Seine et les forêts de St Germain et de Marly. Cité royale de 1297 jusqu'au 14ème siècle, c'est également une ville religieuse jusqu'à la révolution (couvent des dominicaines, des capucins et des ursulines). La collégiale est bâtie au 12ème pour les chanoines, à l'emplacement de l'église fondée par Robert II le Pieux, alors accolée au château royal. Philippe le Bel qui y fait ériger un monastère pour les dominicaines. L'ensemble est achevé en 1330 sous le règne de Philippe VI de Valois. Les remparts sont élevés après la guerre de cent ans. Parallèlement, le choeur de la collégiale est refait, les chapelles latérales sont ajoutées au 15ème, tandis que le portail est percé au 16ème. L'église priorale est fortement dégradée par la foudre en 1695. Les religieuses étant chassées durant la révolution, les bâtiments sont vendus comme biens nationaux et démolis à l'exception de la porterie et de ses deux tours (musée du jouet), mais aussi de la grange. Le couvent des ursulines est réhabilité en logements avant de devenir dépôt de mendicité en 1810, hôpital militaire en 1814, puis maison d'arrêt en 1821. Les détenus y apprennent un métier en étant payé, afin de préparer leur réinsertion. La collégiale est à nouveau restaurée par Auguste Goy (1825-35) puis par Viollet le Duc qui lui redonne un aspect médiéval (1844-69). Le bourg compte plusieurs fermes et prés destinés au pacage des animaux en attente du marché aux bestiaux. En effet, comme en témoigne l'ancien octroi bâti en 1832, grâce à son marché, Poissy approvisionne la capitale en viande de boucherie jusqu'en 1867, ce qui en fait également une ville marchande. Si le marché est détruit en 1881, l'octroi est épargné pour devenir logement, puis syndicat d'initiative en 1982, puis office de tourisme en 1992. Devenue industrielle au 19ème, la ville accueille désormais des entreprises agroalimentaires et mécaniques.
Pour quitter la ville, nous longeons la voie ferrée et profitons d'une jolie vue sur l'Ile de Migneaux. Puis nous contournons l'invisible château d'Acqueville pour monter vers les falaises. De là, nous bifurquons en direction du château de la Coudraie, puis passons au dessus de l'autoroute. Ayant passé la fourrière, nous arrivons à Orgeval où nous longeons le château de Béthemont transformé en golf. Puis nous traversons les glaisières pour rejoindre Villennes. La ferme de Marolles dominant la butte n'héberge plus de moutons. Seules quelques rares sculptures témoignent de leur présence passée. Nous passons par le Clos de Beaulieu pour redescendre vers le bourg. En bas de la côte, nous profitons des demeures anciennes bâties le long du coteau. Sur plusieurs kilomètres, les surprises s'enchaînent : églises, châteaux, manoirs, parcs... Médan est sans doute le plus joli joyau.

A savoir : Villennes appartient très tôt à la famille de Poissy qui possède déja les terres d'Acqueville. L'église, érigée en 1007, passe sous dépendance de l'abbaye de Neauphle le vieux, puis de Coulombs. Le clocher est refait au 16ème siècle. Dans le même temps, Jean Brinon hérite par alliance du château. Jacques Bourdin, seigneur de Medan, l'acquiert en 1556, puis le domaine tombe dans le marquisat de Pierre Gilbert de Voisins durant le 18ème. Ce dernier récupère également le fief de Marolles. Mais la révolution le dépossède de ses biens puis il est guillotiné. La ferme est vendue en 1795. Le château de Villennes est détruit durant le 19ème siècle, tandis que les héritiers s'installent dans les dépendances, dont une partie disparait en 1919. Le financier Jean Baptiste Paradis acquiert le parc de Villennes en 1864. Il le fait transformer en jardin romantique, par le paysage Varé, co-auteur de l'aménagement du bois de Boulogne. Une grotte avec cascade y est construite ainsi qu'une fausse rivière. Sa fille Marie Henriette en hérite en 1871. Elle épouse le comte de Labenne puis l'intendant du château, Louis Auguste Dupont. Vendu dès 1893, le parc est loti pour héberger les bourgeois parisiens. La grotte est sauvée par la Lyonnaise des eaux. L'église est restaurée en 1978. Quant à Médan, l'abbaye de St Germain des prés y possède un manoir, quelques maisons, l'église St Clair, un moulin et des terres. Le tout passe aux mains de l'abbaye de Neauphle le vieux. Le seigneur Guillaume Perdrier s'y fait construire un pavillon de chasse en 1494. Son petit fils, Jean Brinon, y accueillera Ronsard. Il fait restaurer l'église en 1635 et le manoir en 1636, tandis que Gilbert de Voisins fait ajouter une grande aile au manoir. Les deux seigneuries sont réunies plusieurs fois : en 1499 par mariage, en 1556 par échange, en 1744 par héritage. Maurice Maerterlinck en devient propriétaire au 19ème et les littéraires continuent de s'y rencontrer, notamment autour d'Emile Zola. Grâce au succès de l'assommoir, celui-ci s'offre en 1878 une petite maison près de la voie ferrée. Il l'agrandit en 1879 et en 1885 (Germinal). A sa mort, sa veuve en fait don à l'assistance publique. Laissé à l'abandon après un incendie en 1956, le parc du manoir est loti et le bâti est confié à Henry Smada, médecin et entrepreneur, qui y édite le journal Combat jusqu'en 1974. Vendu aux enchères, il est restauré dans son aspect du 16ème. Une tour surmontée d'un lanternon ainsi qu'un colombier restauré par Jean Bourdin sont les seuls vestiges de la ferme attenante. La petite fille de Zola parvient à transformer la maison familiale en musée en 1984, après 40 ans d'attente.
Avant de traverser le fleuve, nous nous découvrons l'église St Etienne juchée sur la butte de Vernouillet, puis nous nous rapprochons de la Seine en longeant l'étang de Gallardon qui héberge de nombreux cygnes. Sur l'autre versant, s'élève Triel avec son florilège de belles maisons. Mais sa visite fait l'objet d'une autre escapade. Nous poursuivons donc notre chemin en redescendant vers le sud, pour traverser les terres maraîchères tristement abandonnées.

A savoir : au moyen âge, Vernouillet est composé des fiefs de Masinval, Le buisson, La queure, La fleur de lys, Beaulieu et ceux des abbayes de St Denis et de St Magloire. L'église est érigée au 10ème siècle par les bénédictins. En 1598, une partie du territoire passe aux mains des Romé. En 1723, un descendant, Louis Pierre, réunit les deux villages dans son marquisat. Son fils dilapide le patrimoine, dont il revend une partie à Randon de Lucenay, qui le cède à son tour à Tautest Duplain en 1782. Celui-fit se fait reconstruire le château, et transformer le parc à l'anglaise, via son ami le marquis René de Girardin, qui a lancé la mode à Ermenonville. Après sa fille Louise, le domaine appartient à Anne Félicité Doublet de Persan, la comtesse de la Ferrière, puis quatre familles de bourgeois. Durant le 19ème, le village est plusieurs fois éprouvé par le gel, la grêle et enfin, l'occupation prussienne. A la mort de la dernière chatelaine, en 1953, la caisse des dépôts acquiert le château et le transforme en maison de retraite.
Nous survivons au chemin des trépassés qui nous conduit à Carrières sous Poissy. Là, nous cherchons où se cachent l'église St Joseph et le château Champfleury. Puis nous décidons de suivre l'ancien chemin de halage en direction du nord. Ce dernier nous permet d'approcher les anciennes écluses avant d'apprécier les jolies berges préservées. Avant d'assister au mariage de l'Oise et de la Seine, notre regard est arrêté par d'autres beautés : manoirs, pavillons d'exposition universelle, église St Germain...

A savoir : sur le territoire de Carrières sous Poissy, Thibault de Marly fonde le prieuré de St Blaise en 1162. Mais la chapelle pour les offices dominicaux n'est construite qu'en 1659. Jusque là, les villageois doivent se rendre à pied à Triel. En 1630, Roland Coudray, riche bourgeois, s'est fait construire le château Champfleury. Ses descendants le vendent à Louise Cuvier de La Bussière, puis la propriété passe dans les mains de Mélanie de la Fare, marquise de Ponts Chavigny. Dans le village, les habitants vivent de la culture et de l'exploitation des carrières. Mais les moellons étant de moyenne qualité, les carrières sont progressivement désaffectées avant de servir de champignonnières. De gros exploitants se partagent les terres. En 1671, Marie Brisset obtient la moitié d'une ferme et quelques bâtiments à l'occasion d'un partage. Jugeant le bâti inconfortable, elle fait construire la Grande maison de l'autre côté de la route et fait relier les deux lots par un souterrain. Mais ses biens sont saisis et acquis par Maheu de la Peranderie qui les revend aussitôt à une banque. A la faillite de celle-ci, Pierre Castillon en devient acquéreur en 1783. En 1816, son héritier la revend à Nicolas Vlimant, qui effectue plusieurs modifications. A partir de 1829, le château connait une succession de propriétaires : duc de Bojano, comte de Ronceray... Le quartier des Grésillons est dédié à l'élevage de chevaux (Edmond Blanc en 1885, William Van der Bilt en 1906, Macomber en 1919). Van der Bilt, qui emploie jusqu'à 120 personnes, se fait bâtir un château, aujourd'hui transformé. En 1923, le château est utilisé pour l'éducation des filles de diverses nationalités, orphelines de la guerre. Parallèlement, l'arrivée de l'épandage après la première guerre mondiale favorise le développement rapide de la culture maraîchère. La production est vendue aux halles de Paris. Les franciscains s'installent au château en 1933 et assurent les services paroissiaux, puis la propriété est morcelée. Le château appartient aujourd'hui à l'administration de la santé. L'histoire d'Andrésy remonte à la conquête de la gaule par les romains, quand César fait établir un camp sur les hauteurs pour surveille les vallées de la Seine et de l'Oise. Les habitants s'en remettent ensuite à l'évêque de Lutèce. En 829, l'évêque de Paris fait don des terres à Notre Dame qui les conservera durant 10 siècles. L'église est construite au milieu du 13ème siècle. Le domaine accueille François 1er qui fait agrandir l'édifice, mais aussi Henri IV, Louis XIII et Louis XIV, qui se fait construire une folie le long de la Seine. Bonaparte à son tour aime y chasser avec le général Lepic. Ce dernier se retire ici dans un château au bord du fleuve. Andrésy constitue également le prolongement du grand port fluvial de Conflans, réputée pour être un important lieu de pêche au début du 20ème siècle. Le lieu attire alors la bourgeoisie. En 1904, le manoir Denouval est bâti par Pierre Sardou, fils de Victorien Sardou et architecte en chef des monuments historiques, pour Sarah Hershey Marsh, haute personnalité américaine qui y décède en 1911. Durant la première guerre, la Belle Otéro y loge quelques temps. Fin 1945, le manoir est vendu l'Union des juifs pour abriter des orphelins survivants de la guerre et des déportations. Puis il sert de grand séminaire des Pères Salésiens jusqu'en 1968. Par ailleurs, la villa Viking est un pavillon norvégien exposé à l'exposition universelle de 1900. Il sert au tournage de nombreux films : Les trois années avec Sabine Azéma, Elles ne pensent qu'à çà avec Claudia Cardinal, C'est pas parce qu'on a rien a dire qu'il faut fermer sa gueule de Bertrand Blier. De la même époque, le Rêve cottage (2 rue Louis Désavis) est la demeure de Georges Gourlin, maire de 1919 à 1924. Aujourd'hui séparé en deux, il comprend un pavillon chinois provenant de l'exposition universelle. En 1947, la mairie s'installe dans la villa des Lions, construite au 19ème pour Jean Baptiste de Dosme, couturier de l'empire. Son fils sera maire d'Andrésy de 1892 à 1919.
Nous traversons ensuite les deux cours d'eau pour nous rendre dans la plaine de la mare aux canes. Depuis la ferme du barrage, nous rejoignons la gare d'Achères où nous retrouvons le Gr de pays. Nous suivons ce dernier pour gagner la forêt. Plus loin, le pont des ambassadeurs nous permet d'enjamber les voies du grand cormier. Suivant la route forestière, nous arrivons sur les hauteurs de Poissy, en longeons le parc puis, avant de retrouver notre point de départ, nous allons saluer le chêne remarquable près de la route des dames.
Aperçu de cette sortie : Noyau de Poissy
1 commentaires:
Tous les participants et moi meme mais surtout moi meme te remercie de cette belle et agreable journée passée en ta compagnie.
Le retour sur Paris a ete un peu difficile mais je suis encore vivant!
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