Depuis la gare de Chaville, nous suivons Carnot puis Curie, pour découvrir l'église Notre dame. Après un passage par Stalingrad, nous croisons un gros chêne qui s'ouvre sur la forêt. Nous apprécions sa majesté un instant. Il porte bien ses 6 siècles ! Un rapide tour sous les branchages, et nous traversons bientôt le quartier de la femme sans tête. Conservant la nôtre, nous préférons couper la départementale, pour retrouver momentanément la forêt et contourner le domaine de la Ronce.

A savoir : les premiers hommes de Chaville sont présents 8000 ans avant notre ère. Un camp romain est attesté entre le 2ème et 4ème siècle. Puis vers 811, une métairie et une chapelle sont édifiées grâce à l'évêque de Paris, Inchadus. Le premier seigneur est mentionné en 1120 et son territoire s'étend sur 10ha. En 1348, le village est rattaché au doyenné de Châteaufort et il se développe malgré les ravages de la peste et de l'occupation anglais durant la guerre de 100 ans. En 1401, Chaville devient possession du châtelet de Paris. A partir de 1477, le domaine connait une succession de seigneurs. Enfin, en 1596, le château de Simon de Vigny est en ruines. Il est racheté par Michel Le Tellier. Vers 1660, son petit fils fait agrandir l'église et le domaine, avant d'y construire un nouveau château qu'il revend au Grand dauphin en 1695. Un oratoire est adossé au tronc d'un grand chêne en bordure de la forêt. Un pèlerinage y est organisé tous les 15 août. Le village traverse ensuite les siècles sans changements majeurs, hormis une occupation meurtrière en 1870. Avec l'arrivée du train, le parc du château est divisé et de nombreuses industries s'ajoutent à la briqueterie déjà présente : blanchisserie, tannerie, brasserie. La mairie s'installe en 1910 dans le pavillon de chasse construit en 1815 pour le comte d'Artois qui y réside jusqu'à son accession au trône en 1824. L'évolution brutale de l'économie fait croître le village et l'urbanisation rapide gomme les traces du passé. La vieille église est détruite et reconstruite en 1930. Un presbytère y est adjoint en 1952.
Le chemin Desvallières nous permet d'approcher Sèvres. Nous en longeons la gare vers le nord avant de redescendre par l'avenue d'un grand homme. La Villa des Jardies où il vécut est toujours là, discrète et colorée (visite en après midi seulement). Nous nous engageons ensuite dans le parc en face. En ressortant, un certain Poussin nous conduit à Balzac. Avec l'aide de ce dernier, nous découvrons bientôt l'église St Nicolas St Marc. Tout près, un grand tulipier pousse jusqu'à la résidence Musset.

A savoir : la villa n'est au 17ème siècle, qu'une simple maison de vigneron. Transformée au 18ème en maison de campagne pour des parisiens soucieux de retrouver la nature prônée par Rousseau, elle est achetée par Balzac en 1837. Sa folie des grandeurs le pousse à imaginer un décor somptueux pour sa villa : marbre de Paros, bois de cèdre, fresques de Delacroix. Et pour son jardin, il songe à faire construire une serre pour y produire des ananas. Il envisage par ailleurs de vendre des parcelles à lotir dans l'immense terrain acquis en proximité immédiate de la voie de chemin de fer. Mais poursuivi par ses créanciers, il s'enfuit de la villa en 1840. A l’aube de la IIIe république, Gambetta, ministre de l’Intérieur et de la Guerre, devient très populaire en imposant l'armistice en 1871 pour mettre fin à la guerre contre les Prussiens. Lassé de ses combats politiques, il cherche une maison de campagne pour s'y reposer et c'est la maison des Jardies qu'il choisit en 1878 pour s’y installer avec sa maîtresse Léonie Léon. Mais il meurt brutalement d'une péritonite le 31 décembre 1882, suite à un accident par arme à feu. L'émotion suscitée par son décès pousse les héritiers à léguer sa maison à l’État qui décide de s'y réunir en pèlerinage annuel jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale. Elle est aujourd’hui un lieu de mémoire du républicain combattant ; dans le jardin, un monument est élevé en son nom en 1891, par le sculpteur alsacien Auguste Bartholdi.
Nous remontons sur les terres du monastère puis nous nous dirigeons vers le village d'une coquette. Au centre, l'église St Eugénie nous apparait calme et sereine, à l'image de ce lieu préservé. De là, les Schlumbergers nous conduisent rapidement sur les Marnes. Après quelques foulées, nous longeons le Pavillon Thierry et traversons la route de l'impératrice. Nous affrontons les dénivelés avant de tenter une visite du haras de Jardy.

A savoir : Marnes est fondé par l'évêque de Paris, Eudes de Sully. Un prieuré fondé en 1120 existe déjà à l'est du hameau. L'église érigée en 1203 dépend de la collégiale de St Cloud. En 1721, les bénédictins anglais contrôlent le prieuré et louent le domaines au fermier Cléry. Dès le 17ème siècle, Marnes devient un site agréable fréquenté par de grands personnages : le ministre Le Tellier, les marquis de Barbezieux et de Chamillart, le financier Law, le monarque Louis XVI qui achète le château en 1778, puis Marie Antoinette. Durant la révolution, le prieuré est vendu comme bien national tout en conservant sa vocation agricole, l'église est détruite et son maire, l'avocat Linguet, envoyé à l'échafaud. Le village redevient lieu de résidence entre le premier et second empire. La mairie est construite en 1849 pour abriter le centre administratif, une école et un asile. Le château de Villeneuve l'étang est successivement occupé par le Maréchal Soult, la duchesse d'Angoulême et l'empereur Napoléon III. Ce dernier officialise le surnom donné à Marnes : la coquette fait honneur à ce village de verdure depuis janvier 1859. En 1860, Napoléon III faisant reconstruire l'église à ses frais, l'édifice rend hommage à son épouse Eugénie. En 1890, l'éleveur et turfiste Edmond Blanc achète l'ancien prieuré et le transforme pour accueillir un élevage de pur-sang. Le haras acquiert une réputation internationale avant d'être vendu à Marcel Boussac en 1920. Entre temps, d'autres personnalités fréquentent le bourg : Henri Duparc (compositeur de musique et maire de la commune en 1884), Louis Pasteur, Maurice chevalier , Thierry Maulnier (académicien). L'urbanisation a ici su préserver le parc de Villeneuve l'étang , le château ayant été détruit en 1870.
Nous brûlons ensuite quelques calories dans la forêt de Glatigny, croisons le Pavillon forestier, et tout en suivant le cordon nord, nous arpentons les reliefs de Fausses reposes, pour arriver, fatigués, devant les célèbres étangs de Ville d'avray. Nous en profitons pour admirer aussi l'auberge Cabassud et la maison de Corot alanguie au bord de l'eau. Pour ne pas perdre le rythme, nous poursuivons notre chemin en redescendant vers le sud. Nous retrouvons la gare peu après la Martinière.

A savoir : Ville d'avray est découverte au 12ème siècle seulement. Le village est érigé en paroisse au 14ème, tandis que la seigneurie appartient à Pierre de Chaillot, puis à ses descendants. La guerre de Cent Ans dévaste la région et pousse ces derniers à céder la place aux Célestins. Après 250 ans de possession, les moines cèdent leurs terres à Louis XV en 1747. Le roi procède à des échanges avec son premier valet de chambre Marc-Antoine Thierry, troquant Ville-d'Avray contre Vaucresson et Guyancourt. Thierry, ainsi devenu seigneur de Ville-d'Avray, fait bâtir deux écoles. En 1784, la seigneurie devient baronnie. Thierry fait raser l'église en ruine et en construire une nouvelle en 1789. Malgré ses bonnes intentions, il est arrêté et guillotiné en 1792 pour avoir été proche du roi. L'arrivée du chemin de fer en 1839 accélère le développement de la commune. Les artistes sont attirés par la beauté des étangs et des bois : Alfred de Musset, Frédéric Chopin, Honoré de Balzac, Camille Corot. Celui-ci a longtemps séjourné dans une maison du 18ème bâtie au bord de l'étang. Cette demeure hébergeait la danseuse d'opéra Melle Vié, avant d'être vendue au père de l'artiste comme résidence d'été. En 1875, Monsieur Corot vend sa demeure à l'éditeur Lemerre, qui y invite le peintre Chabas, José Maria de Hérédia, François Coppée, Sully Prudhomme, Leconte de l'Isle, Alphonse Daudet. En 1884, ce dernier se retire régulièrement dans le kiosque de l'auberge Cabassud pour écrire Sapho. Durant le 20ème, la ville continue de séduire ; scientifiques et hommes de lettres s'y installent : Jean Rostand, Édouard Branly, Claude Debussy ou Boris Vian. Puis de riches hommes d'affaires et des politiques fréquentent les lieux, tel Léon Gambetta.
Aperçu de cette sortie : Fausse Repose
5 commentaires:
Bonsoir,
Merci pour la sortie. C'était vraiment super.
A bientôt.
Lionel
Merci Nathalie pour cette belle sortie alliant dénivelé et culture.
Et aussi un beau soleil.
@+
R
Un grand merci Nathalie pour cette belle et agréable randonnée ensoleillée. J'ai découvert plein de belles choses dont les Haras de Jardy et j'ai passé une excellente journée en bien agréable compagnie !
Très bonne semaine à tous !
Nathalie
Merci Nathalie, comme d'habitude agréable randonnée avec nature et culture en agréable compagnie
à bientôt
Daniel & Christine
Merci à vous tous pour votre sympathie. Très agréable journée ! En plus avec le soleil, c'était inespéré !
Je m'occupe des photos aujourd'hui et je reviens vers vous.
A bientôt
Nath
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