Nous quittons la Croix de Noailles pour chevaucher à travers bois avec notre bicyclette. Nous ne tardons pas à visiter Poissy, pour y découvrir les traces de son histoire : collégiale, octroi, porterie, grange...

A savoir : Poissy bénéficie d'un positionnement idéal entre fleuve et ville royale. Dès la canonisation de son grand père, Saint Louis en 1297, Philippe le Bel fait ériger un monastère à l'emplacement de l'église fondée par Robert le Pieux et construire une maladrerie au sud ouest de la ville. Après les lépreux, le lieu accueille malades et vieillards. Confié aux dominicaines, le chantier de la collégiale, confié à l'architecte Guillaume de Sens, dure jusqu'en 1330 et les murs de clôture sont bâtis après la guerre de cent ans. Le choeur est refait au 14ème siècle, et les chapelles latérales ajoutées au 15ème. Si les premières religieuses sont d'origine noble, les suivantes (capucins, ursulines) sont d'origine diverse. Aussi, à cette époque, les chanoines doivent-ils se loger à leur dépens. En 1695, la maladrerie est rattachée à l'hôtel Dieu. Durant la révolution, les religieux sont chassés et leurs bâtiments progressivement vendus comme biens nationaux, puis démolis. Après la signature du concordat de 1801, les curés sont rémunérés et logés par la ville, ceci jusqu'en 1905. La collégiale, fortement dégradée, est restaurée par Auguste Goy en 1824 puis par Viollet le Duc en 1844, tandis que la maladrerie est abandonnée. Le presbytère sert de gendarmerie avant d'être rendu à la paroisse. Parallèlement et jusqu'en 1867, les terres alentours servent de pacage pour les bestiaux en attente de foire pour le marché parisien. Au 19ème siècle, Poissy s'industrialise de par sa proximité avec le Havre via la Seine. Au nord, s'installent des entreprises d'agroalimentaire, de mécanique, puis des usines automobiles avec leurs sous-traitants. La porterie de l'ancienne abbaye résiste aux bouleversements de la ville pour être transformée en musée du jouet dès 1976. La grange utilisée pour stocker les récoltes, est acquise au 20ème siècle par les familles Courant et Gros, pour leur ferme du Clos. Bombardée durant la seconde guerre mondiale, ce qu'il en reste est utilisé par la ville pour des expositions.
Fuyant la maladrerie, nous traversons Beauregard pour rejoindre Aigremont, un ancien vignoble, où subsiste un château 18ème, converti en foyer pour personnes handicapées. De là, nous rejoignons Montaigu et, après la plaine de la jonction, nous pénétrons dans la forêt de Marly en suivant le Gr1. Nous le quittons aux vestiges de Retz, engloutis par la végétation, puis coupons la route neuve avant de descendre vers l'adorable chapelle Ste Gemme.
Economisant nos forces, nous évitons le village et bifurquons au moulin de Feucherolles pour gagner les Beurreries, puis les Flambertins. Le Gr1 nous conduit devant le moulin d'Orgeval installé près des Bouillons.
Economisant nos forces, nous évitons le village et bifurquons au moulin de Feucherolles pour gagner les Beurreries, puis les Flambertins. Le Gr1 nous conduit devant le moulin d'Orgeval installé près des Bouillons.A savoir : à Feucherolles, la chapelle est bâtie sur ordre de Robert 1er en 1033. Cette édifice royal reçoit la reine Blanche de Castille, les rois Henri IV et Louis XIV. Abandonnée, elle est reconstruite au début du 20ème siècle. La commune tente de lui donner une affectation culturelle. A Orgeval, l'ancien moulin occupant 4ha, a été réhabilité en hôtel-restaurant 4 étoiles.
Avant d'atteindre l'Orme Gauthier, nous remontons vers Montamets. Dans la plaine, deux rus donnent naissance au ruisseau d'Orgeval. En remontant sur Bures, nous découvrons le château de Val Joli puis nous nous dirigeons vers la Clémenterie et la ferme de Marolles. Point de fromage ici, quoi que les moutons ont longé tondu les collines. Après une pente vertigineuse, nous découvrons Villennes sur Seine.

A savoir : Villennes fait partie de la châtellerie de Poissy dont la famille possède la terre d'Acqueville. Une première paroisse est bâtie en 1007. Devenue prieuré par la suite, l'église St Nicolas est partiellement détruite durant la guerre de cent ans. Au 15ème siècle, le seigneur Henry Perdrier se fait construire un hôtel (à l'emplacement de la mairie). Son gendre, Jean Brinon, l'achève au 16ème, tandis que son neveu (du même nom) y reçoit Ronsard. L'église se voit dotée d'un clocher. Puis, Jacques Bourdin dirige le bourg. Il possède le fief de Marolles qu'achète Gilbert de Voisins. Ce dernier acquiert également le château, puis érige le village en marquisat. La révolution guillotine le marquis en 1793 et s'empare de ses biens. La ferme de Marolles est acquise en 1795 par Henry Lelarge qui en est fermier. En 1843, le train dessert la commune. Dès l'année suivante, deux trains quotidiens assurent le transit des bestiaux du marché de Poissy. Le château dégradé est rasé par les héritiers qui s'installent dans les dépendances. Ruinés, ils vendent le domaine à Jean Baptiste Paradis en 1864. Celui-ci fait réaménager le parc en jardin romantique, sous l'égide de l'architecte Varé. En 1871, sa fille héritière revend le domaine en 1893. Le parc est aussitôt loti pour de riches parisiens, avec une première maison sise à gauche de la gare. Du jardin romantique, seule subsiste la grotte constituée de pierres naturelles et artificielles. Des trois châteaux existant à l'origine, seul celui d'Acqueville résiste toujours au temps.
En face l'île du Platais, nous poursuivons notre émerveillement avec le château de Medan.

A savoir : au 9ème siècle, Medan appartient à l'abbaye de St Germain des prés, qui le cède au 12ème à l'abbaye de Neauphle le vieux. Dès le 15ème siècle, les seigneuries de Villennes et de Medan se réunissent par mariage en 1499, en 1556 par échange, en 1744 par recueil d'héritage. Le château bâti pour Henri Perdrier en 1494 revient à son petit fil, Jean Brinon. C'est avec ce dernier que le village viticole s'oriente vers la littérature. Dans son manoir, il organise des fêtes et divertissements pour ses amis, dont Ronsard et les poètes de la Pléiade. L'église St Germain est rebâtie par Claude Perrault (frère de l'écrivain) sur l'ancien édifice primitif. Sa façade porte les traces de la révolution. Pierre Gilbert de Voisins fait agrandir le château 2 siècles plus tard. En 1878, grâce à son succès de l'Assommoir, Emile Zola s'achète une maison à Medan. Il la fait agrandir de chaque côté par une énorme tour carrée en 1879 et par une tour hexagonale en 1885 (Germinal). Il s'occupe personnellement de la décoration intérieure : cheminée monumentale, poutres apparentes décorées de blasons, sol pavé de mosaïque orientaliste, grandes baies à vitraux qui annoncent l'art nouveau. Il y rédige Germinal et la Bête humaine, au dernier étage de la tour carrée. Dans ce cabinet de travail, le manteau de la cheminée est décorée de fleurs de lys et porte une devise latine : pas un jour sans une ligne, mots prêtés par Pline au plus illustre des peintres grecs, Apelle. Cette maxime sera également adoptée par Balzac. Après sa mort en 1902, sa veuve offre la maison à l'Assistance publique, mais sa petite fille la fait transformer en musée en 1984. A la fin du 19ème, de nombreux écrivains et artistes se retrouvent chez Emile Zola. Maurice Maeterlinck séjourne au château avant que celui-ci ne soit abandonné. Il est repris en 1966 par le journal Combat mais la faillite arrive en août 1974. Il est alors vendu aux enchères et restauré dans son aspect originel de pavillon de chasse du 16ème.
Vernouillet puis Verneuil sur Seine nous réservent elles-aussi quelques surprises agréables, mais l'excès d'urbanisme nous invite à retrouver le calme auprès de l'étang de la grosse pierre. Après l'avoir contourné, nous traversons la Seine et pénétrons dans Triel sur Seine. Nous en goûtons le charme certain de l'église St Martin, L'eau doit avoir ici un caractère particulier que Pissefontaine n'hésite pas à nous rappeler sur la butte des Bazins.

A savoir : au moyen âge, la paroisse érigée sur le promontoire appartient à l'abbaye de Fécamp. En 1221, Philippe Auguste affranchit la ville et lui attribue un siège de prévôté. Un procureur du roi peut ainsi y disposer de pleins pouvoirs. L'église est agrandie à partir de 1550 : un vaste choeur est construit avec une arche qui enjambe la route de l'Hautil. Les carrières de gypse sont exploitées dès le 18ème et jusqu'en 1950. Mais jusqu'à l'épidémie de phylloxéra à la fin du 19ème, la richesse de Triel vient du vignoble. Cette spécialité attire de nombreuses personnalités : Octave Mirbeau, Guy de Maupassant, Paul Fort (prince des poètes), Denise Grey, Marcel Izy-Schart (explorateur)... E, 1892, Emile Zola y installe Jeanne Rozerot, sa maîtresse, qu'il peut ainsi observer depuis sa maison de Medan. La maison Senet (au bord du fleuve) atteste de l'engouement des notables pour cette jolie ville. Amputée de son parc par la construction du chemin de fer, la maison reste abadonnée de 1956 à 1983 où elle est sauvée par la ville qui la transforme en centre socio-culturel. Ailleurs, la maison Castelet confirme l'aspect résidentiel de la cité.
Plus loin, Chanteloup les vignes, asséchée, nous laisse sur notre soif. Aussi descendons-nous sur Andrésy pour retrouver la fraîcheur du fleuve roi, que vient grossir l'Oise toute proche. Nous gagnons bientôt Conflans pour emprunter le pont qui enjambe la Seine. Nous pouvons ainsi rejoindre l'étang de Cora. De là, le Gr de pays nous guide jusqu'au Pavillon de la Muette. Suivant la route du même nom, nous ne tardons pas à retrouver notre point de départ.
1 commentaires:
Tous les participants et moi même, mais surtout moi-même, te remercient de cette belle et agréable journée passée en ta compagnie.
Le retour sur Paris a été un peu difficile, mais je suis encore vivant!
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